29 septembre 2007
Le sang est plus épais que l'eau.
- Je vous offre un verre, prince Kayne ?
- Non merci, répondis-je. Et je ne suis pas prince, du moins pas encore.
Le vampire m'adressa un sourire qui découvrit ses canines. Il déboucha la carafe de cristal et l'odeur du sang monta aussitôt à mes narines.
- Vous manquez quelque chose, c'est un grand cru...
- Je vais m'en tenir à l'eau pour le moment, dis-je courtoisement.
- Le sang est une liqueur tellement plus noble...
Il examina le contenu du verre à la lumière du soleil couchant, haussant légèrement les sourcils.
- Un excellent cru, vraiment... Regardez, il est très clair, presque exempt de déchets... La victime était sans doute très jeune.
Il me tendit la coupe de cristal et je feignis de m'intéresser à sa couleur en l'élevant à hauteur de mes yeux.
- En effet, dis-je en la lui rendant. Mais je préfère tout de même l'eau. Le sang a, de mon point de vue, quelques sérieux désavantages.
- Ah oui, lesquels ? s'enquit le vampire entre deux gorgées.
- Hé bien, le goût, pour commencer. Très amer, et ça laisse la langue pâteuse.
- Un détail, opposa le vampire avec un haussement d'épaules.
- Ensuite, la consistance. Vous connaissez le dicton...
- Le sang est plus épais que l'eau, termina-t-il avec un sourire. Oui, j'ai conscience de ces défauts... mais je ne les considère pas comme tels.
- Oh, il m'en reste encore un à porter à votre attention, fis-je en lui retournant son sourire. Il se trouve que l'un des poisons les plus fulgurants en ce monde, le sheiti, se dissout remarquablement bien... dans le sang.
Le vampire me regarda sans rien exprimer durant une seconde, puis le sens de mes paroles l'atteignit et ses yeux s'écarquillèrent. La coupe de cristal se brisa en tombant sur le sol. Il ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit. Une seconde plus tard, il s'écroula à mes pieds, foudroyé par le sheiti.
- Voilà pourquoi je préfère l'eau au sang, terminai-je aimablement.
22 juin 2007
Whales of time.
(Le titre est en anglais, parce que déjà il était comme ça dans mon rêve, et ensuite parce qu'une fois traduit c'est moche et ça rend pas du tout l'idée. :p)
Les baleines l'entraînaient dans leur sillage. Il nageait parmi elles, sans se soucier du danger, allant parfois jusq'à frôler leurs corps de mastodontes. Il s'aggripa à une nageoire qui passait près de lui et se laissa porter. Il plongea sous l'eau en leur compagnie, oubliant tout le reste. Le chant des baleines résonnait dans tout son être. Lorsqu'il remonta à la surface, il se rendit compte qu'il était allé beaucoup trop loin.
Car à présent, il y avait deux soleils.
07 octobre 2006
— Vous devez mourir.
La sentence, prononcée d'une voix sèche, semble irrévocable. Le prêtre serre son livre contre sa poirtine et demande courageusement :
— Pourquoi ?
— J'ai été payé pour.
A peine le tueur a-t-il fini sa phrase qu'une détonation claque dans l'air. Le prêtre sursaute. La balle a été stoppée par le livre qu'il tient contre lui.
— La Bible m'a sauvé, constate-t-il d'une voix enthousiaste. C'est le signe que Dieu ne souhaite pas ma mort.
— Laissez-moi vous aider, dit le tueur.
Il ajuste son tir et la balle fait exploser la tête du prêtre.
06 octobre 2006
Noir ou blanc ? J'hésitai. Qu'allais-je choisir ? C'était d'une importance cruciale. Peut-être ma vie entière dépendait-elle de ce choix.
Je me mordis les lèvres. Comment ne pas se tromper ? Comment être sûr de faire le bon choix, celui que tout le monde s'attendait à me voir faire.
Noir ou blanc ? Mes yeux allaient de l'un à l'autre sans pouvoir s'arrêter. Il fallait que je me décide. Chaque seconde de plus ne faisait que retarder l'inévitable.
Une voix me coupa net dans ma reflexion :
— Alors, votre glace, vanille ou chocolat ?
28 septembre 2006
J'ai fait une erreur. Une terrible erreur. Par ma faute, c'est tout l'équilibre de la planète qui s'en trouve menacé. Je ne pensais pas qu'un sit petit geste aurait de telles conséquences. Comme je le regrette.
Mais c'est trop tard maintenant. L'histoire suivra son cours. Je ne peux plus rien y changer.
Peut-être ma faute finira-t-elle par s'effacer d'elle-même. Je l'espère. Sinon, tout mon précieux travail sera gâché. Il me faudra tout recommencer.
L'erreur est humaine, dit-on. La formule est particulièrement adaptée à mon cas. Mon erreur, c'est l'Homme.
26 septembre 2006
Au zoo.
— Maman ? Est-ce qu'ils sont dangereux, ceux-là ?
— Non, mon chéri, tu n'as rien à craindre.
— Pourquoi est-ce qu'ils sont là ?
— Pour leur propre bien.
— Comment ça ?
— Ils se faisaient du mal. Leur espèce allait disparaître.
— Alors on les a sauvés en les mettant au zoo ?
— Oui, exactement.
— Est-ce qu'ils ont tous été sauvé ?
— Seulement ceux qu'on a pu attraper à temps. Mais c'est déjà beaucoup, tu sais. Ils auraient tous disparu sans notre intervention.
— Maman ?
— Oui ?
— Comment est-ce qu'ils s'appellent déjà ?
— Ce sont des humains, mon chéri.
23 septembre 2006
Rendez-vous.
— Je viendrai te chercher demain, à 20 heures.
Au début, je ne l'ai pas cru. Je pensais que j'avais imaginé cette phrase. Ça me paraissait tellement invraisembable. Car je la connais, elle n'est jamais à l'heure. Et puis, demain... 20 heures.... c'était beaucoup trop tôt. Non ?
Mais tout à l'heure, j'ai entendu la sonnette. Je suis allé ouvrir. Et maintenant, je dois admettre la vérité. J'ai eu tort. Elle est bien là, à l'heure prévue.
— Il est temps. Viens.
J'obéis sans rien dire. On ne discute pas avec la mort.
21 septembre 2006
— Reste avec moi.
Je ne réponds pas et continue à observer le ciel.
— Reste avec moi. Il y a tant de choses que nous pourrions faire ensemble.
Je secoue légèrement la tête. Je dois partir. Ma place n'est pas ici. Je le sens dans chacune des fibres de mon corps.
— Reste avec moi, je t'en supplie...
Une larme coule le long de sa joue. Il serre ma main dans la sienne et cherche mon regard. Sans le trouver.
— Je t'aime, murmuré-je, mais je ne peux pas rester ici...
Je lâche prise.
— Elle est morte, annonce le médecin d'une voix douce.
20 septembre 2006
Impossible.
Je t'aime. Plus que tout. Si je pouvais, je te donnerai ma vie. Mon âme. Sans un instant d'hésitation. J'aime tes boucles brunes qui flottent sur tes épaules. J'aime ton regard bleu acier. J'aime ta façon de te tenir debout, toujours aux aguets, la tête légèrement inclinée.
Malgré ma déclaration, tu restes silencieux. J'ai vu tes lèvres s'ouvrir, mais pas un son n'est sorti de ta bouche.
Timidement, j'avance une main vers toi. Pour te toucher.
Et mes doigts ne rencontrent que le froid. Le froid glacial d'un miroir.
19 septembre 2006
Le silence. Voilà mon héritage.
Les gens me confient leurs secrets. Des secrets précieux, inavouables, horribles. Pesants. L'amertume de leurs confessions coule dans mes veines. N'en serais-je jamais débarassé ? Je vourais mourir, mais on m'a dit que j'étais immortel. Après tout, je suis là pour ça... Offrir un point d'ancrage dans ce monde qui change. Invisible, mais toujours présent.
Vous m'avez créé de toutes pièces, m'appelez d'un nom qui n'est pas le mien.
— Mon dieu, dites-vous, pardonne-moi pour mes péchés.
Et je vous pardonne. Mais mon nom est Illusion.